Un diagnostic précoce n’est certainement pas un luxe superflu dans le cas de l’hypertension artérielle pulmonaire. En effet, plus tôt le diagnostic est posé, plus tôt on peut débuter le traitement.

L’hypertension artérielle pulmonaire est une maladie pulmonaires lors de laquelle les vaisseaux sanguins des poumons se rétrécissent. Suite à ce rétrécissement des vaisseaux sanguins des pulmonaires, la pression augmente dans ces vaisseaux.

Cela a principalement des conséquences pour le cœur qui, en raison de cette pression accrue, finit par ne plus avoir la capacité de pomper correctement le sang pour le faire circuler. Les patients, dans un premier temps, se sentent seulement fatigués, mais à un stade ultérieur, ce sont tous les processus au sein de l’organisme qui se déroulent moins bien. L’hypertension artérielle pulmonaire mène finalement à une insuffisance cardiaque. « Un diagnostic précoce est littéralement d’une importance vitale », explique un rhumatologue.

Pourquoi un diagnostic précoce est-il à ce point important ?

« Cette maladie évolutive et mortelle touche non seulement les vaisseaux sanguins des poumons mais engendre également des dommages au niveau du cœur. Ces dommages aux vaisseaux sanguins des poumons et au cœur s’aggravent en permanence au fil du temps. Et il n’est pas possible de revenir en arrière et de les réparer. Il n’existe pas non plus à l’heure actuelle de traitement capable de guérir la maladie. Mais les recherches montrent qu’il est parfaitement possible de ralentir l’évolution de la maladie. Et en général, plus tôt on débute le traitement, meilleurs sont les résultats de celui-ci. Avec un traitement adapté, vous pouvez souvent améliorer considérablement l’espérance de vie et la qualité de vie. »

Quels sont les symptômes de l’hypertension artérielle pulmonaire ?

« Cela commence souvent par de la fatigue et de l’essoufflement à l’effort. On ne pense alors pas tout de suite à une maladie grave. Mais par la suite, on peut effectivement faire le lien. C’est la raison pour laquelle il est important, en cas de fatigue ou d’essoufflement persistant et inexpliqué, de se rendre malgré tout chez le médecin. Au fur et à mesure que la maladie s’aggrave, les patients deviennent également essoufflés et oppressés même lorsqu’ils ne font aucun effort. Ils se plaignent parfois aussi de douleur dans la poitrine. Mais là encore, même le médecin ne pense pas immédiatement à l’hypertension artérielle pulmonaire parce qu’il s’agit d’une maladie très rare. Et ces symptômes très fréquents peuvent également être dus à une multitude d’autres causes. »

Comment la maladie est-elle diagnostiquée ?

« Le diagnostic est souvent posé par hasard parce que, en raison des symptômes de fatigue persistante et inexpliquée, on effectue finalement un test de la fonction pulmonaire ou une échographie cardiaque. En cas de saignements pulmonaires à répétition également, le pneumologue décidera de procéder à des examens supplémentaires. Il existe aussi des maladies suite auxquelles une hypertension artérielle pulmonaire apparaît relativement fréquemment. On pensera par exemple à la sclérodermie. Près de dix pour cent des patients atteints de sclérodermie développent finalement aussi une hypertension artérielle pulmonaire. C’est la raison pour laquelle tous les patients atteints de sclérodermie subissent annuellement des tests pour dépister une éventuelle hypertension artérielle pulmonaire. On sait en outre que l’hypertension artérielle pulmonaire peut survenir en tant que complication d’un certain nombre de formes de rhumatisme. C’est pourquoi les rhumatologues se montrent particulièrement attentifs au développement possible d’une hypertension artérielle pulmonaire. »

Les patients peuvent-ils recevoir un traitement dans n’importe quel hôpital ?

« Comme cette maladie est extrêmement particulière, son traitement exige des connaissances et une expérience très spécifiques. C’est la raison pour laquelle il existe une convention selon laquelle les patients atteints d’hypertension artérielle pulmonaire ne peuvent être traités qu’au sein de centres spécialisés. Ces centres sont spécifiquement orientés sur le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire. Dans ces centres, des équipes pluridisciplinaires travaillent en étroite collaboration pour pouvoir offrir aux patients des soins optimaux. Ces équipes sont généralement constituées d’un cardiologue, d’un pneumologue et d’un rhumatologue. »

En quoi consiste le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire ?

« Grâce au travail de recherche mené dans le monde entier, on sait que le mieux est de traiter l’hypertension artérielle pulmonaire de manière agressive. Cela signifie que l’on débute par une association de deux ou trois médicaments dont les effets se renforcent mutuellement. En raison des bons résultats obtenus, le traitement combiné est aujourd’hui devenu le traitement standard proposé aux patients, tant au niveau national qu’international. Le traitement permet, dans la plupart de cas, de ralentir l’évolution de la maladie et de soulager les symptômes, ce qui améliore la qualité de vie. »