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Dr Swimberghe

Les spécialistes en parlent

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PSORIASIS ET SEXUALITÉ

Les médecins doivent donc oser offrir une aide en la matière, estime le Dr Sandra Swimberghe, dermatologue à la Skin & Laser Clinic d’Anvers, où elle est responsable du traitement et du suivi des patients atteints de psoriasis sévère.

Le psoriasis peut sérieusement entraver la vie intime des patients. Et ce, alors que les contacts physiques constituent l’un des besoins fondamentaux de tout être humain et qu’une sexualité épanouie peut contribuer à un meilleur équilibre.

BRISONS LE TABOU !

Au cours de nos entretiens avec différents patients, certains nous ont dit ne pas dissimuler leurs plaques de psoriasis, ni à leur entourage ni à leur partenaire. Pour d’autres, c’est totalement impensable et la maladie leur apparaît comme un obstacle à toute forme d’intimité. Quelle est votre expérience en tant que dermatologue ?

Les conséquences du psoriasis dans ce domaine sont souvent sous-estimées. Bon nombre de patients développent un complexe sur leur physique. Ils ont honte et manquent d’assurance, surtout les jeunes qui sont déjà plus souvent confrontés à une image de soi négative et qui ont tendance à s’isoler. Les personnes qui vivent en couple sont beaucoup moins exposées à ce problème, mais n’en éprouvent pas moins certaines difficultés dans leur vie intime. Pour les personnes qui n’ont pas de relation stable, les difficultés sont beaucoup plus grandes, car elles hésitent à se « dévoiler ». De plus, je constate que de nombreux patients craignent encore, par ignorance, que la maladie soit contagieuse, ce qui n’est évidemment pas le cas.

Vos patients abordent-ils eux-mêmes ce problème ?

Cela arrive rarement, et jamais tout de suite ; c’est un sujet sensible, tant au sens littéral que figuré. C’est pourquoi, lors de la première consultation, nous commençons toujours par donner des informations concrètes sur la maladie et les traitements disponibles.

Ce n’est que lors de la visite suivante que nous essayons de creuser ce point. À cette fin, nous utilisons des questionnaires qui soulèvent indirectement la question. Nous demandons par exemple aux patients comment ils vivent leur sexualité. Les réponses nous permettent de détecter les problèmes éventuels. Ceux-ci peuvent être aussi bien psychologiques que physiques. Par exemple, il faut parfois beaucoup de temps pour découvrir que les patients ont des plaques de psoriasis au niveau des parties génitales. Les gens ont honte d’en parler. Nous essayons d’être particulièrement vigilants sur ce point, afin de pouvoir nous attaquer au problème le plus rapidement possible.

Comment procédez-vous si vous constatez qu’un patient a des problèmes de vie intime ?

Pour commencer, nous communiquons des informations concrètes sur les plaintes et les traitements possibles. Nous leur apprenons également à en discuter avec leur partenaire. Certains ont appris à vivre avec et se sont résignés à leurs plaques de psoriasis, dans certains cas par pure ignorance. Nous leur expliquons qu’il existe de très bons traitements. Nous voyons que les gens s’épanouissent lorsque leurs plaques disparaissent. Outre les conseils d’ordre mental pour encourager les patients à prendre soin d’eux-mêmes et à attaquer de front le problème, nous pouvons également prescrire un certain nombre de remèdes locaux pour soulager les gênes physiques qui rendent les contacts intimes douloureux. Les plaques de psoriasis sur les parties génitales réagissent souvent très bien aux traitements locaux.

Pour beaucoup de gens, c’est un grand soulagement de savoir qu’ils ne sont pas seuls avec leur problème et que celui-ci peut être traité.

Vous arrive-t-il de renvoyer des personnes vers d’autres spécialistes ?

Il nous arrive en effet de leur conseiller d’aller voir un sexologue, mais tout le monde n’est pas ouvert à une telle suggestion. Comme le psoriasis est souvent déclenché par le stress et que la relaxation peut aider à contrôler les symptômes, nous travaillons souvent avec un psychothérapeute qui examine tous les aspects de la maladie, y compris la vie intime et sexuelle.

Je tiens aussi à souligner toute l’importance d’associer le médecin généraliste au traitement. Heureusement, nous constatons que la sensibilisation au psoriasis s’accroît, aussi bien chez les généralistes qu’auprès des spécialistes, comme les gynécologues.

Quels conseils concrets donnez-vous à vos patients ?

Je leur conseille de ne pas se résigner aux douleurs, aux démangeaisons et à la honte ressentie, mais d’en parler à temps à leur partenaire et à leur médecin, afin qu’ils comprennent leur propre état et qu’ils sachent ce qu’ils peuvent faire pour y remédier. Le psoriasis doit cesser d’être un problème, aussi lorsque les zones génitales sont affectées. De plus, il ne sert à rien de se cacher, car cela éveille les soupçons et aggrave le problème. Or, il faut à tout prix éviter cela : n’oublions pas que la vie intime et sexuelle fait partie des besoins humains fondamentaux.

QUE FAIRE EN CAS DE PSORIASIS GÉNITAL ?
  • Faites part de votre ressenti, de vos doutes et de vos besoins à votre partenaire. Et discutez ouvertement du problème avec votre médecin afin qu’il puisse vous aider à trouver une solution.

  • N’utilisez pas de sous-vêtements moulants et synthétiques : la chaleur, les frottements et la sueur peuvent aggraver les plaques de psoriasis.

  • Prenez tout spécialement soin de votre peau avant et après chaque rapport intime. Évitez les frottements (et utilisez un lubrifiant si nécessaire).

  • Soyez créatifs dans vos positions pour éviter toute posture douloureuse.

  • Faites-vous plaisir, à vous-même et à votre partenaire.

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